Un jour, une ferme chez Anthony Galindo (mai – juin 2011)


Anthony Galindo vient de s’installer sur une partie des terres de Didier Morvan, agriculteur bio à Mensignac. Il ouvre sa ferme aujourd’hui pour accueillir l’association «La Maison des Paysans».

Véronique Cluzaud : Alors Anthony, tu es tout juste installé ?
Anthony Galindo : “Oui, depuis le 1er Mars.”

V.C. : Tu es originaire de la Dordogne ?
A.G. : “Non, je viens de la Creuse. J’ai débarqué en Dordogne pour un BTS de Génie Mécanique il y a quelques années.”

V.C.  : Et entre le Génie Mécanique et l’agriculture, quel chemin ?
A.G. : “J’avais quand même pensé à l’agriculture très jeune. J’ai commencé une seconde agricole car je voulais m’installer en pisciculture. Mais déjà, ce que j’apprenais en agriculture conventionnelle, bien que ne connaissant pas encore la bio, ne m’intéressait pas du tout. J’en suis resté là. Ce n’est que quelques années plus tard, lors d’une foire Bio, que j’ai entendu parler d’une formation pour adultes en «Agriculture Biologique» proposée par Agrobio Périgord. A cette époque, j’étais déjà sensible à la question de l’environnement et nous avions monté une association de recyclage d’huile de friture pour les moteurs diesel. Pendant la formation, j’ai fait mes stages chez Didier Morvan puis Stéphane Gauthier qui sont restés des personnes ressources.”

V.C. : Comment s’est faite cette installation chez Didier ?
A.G. : “Didier cherchait quelqu’un pour s’installer chez lui. Le coin me plaisait, c’était donc une bonne opportunité, avec en plus une possibilité de logement sur place.”

V.C. : Et alors, ce démarrage, difficile ?
A.G. : “Oui, un parcours long, difficile financièrement et des périodes sans aucun statut! Heureusement, je m’y étais pris très à l’avance pour m’inscrire au PPP (Plan de Professionnalisation Personnalisé). Je me suis installé 3 mois après la fin de mon «stage 6 mois». Mais ça y est, s’est parti, j’ai obtenu la DJA au printemps, mes cultures sont en place et mes cochons dans leurs parcs !”

V.C. : Et là, t’es en plein Boom ? !
A.G. : “Beaucoup de travail, on se bataille contre la sécheresse, les doryphores et la maladie mais ça va.”

Nous visitons la ferme d’Anthony : 1,5 hectare de légumes (pomme de terre, oignons et courges), un élevage de porcs (5 truies et une quarantaine de porcs à l’engraissement) et des cultures fourragères pour les bêtes, tout en bio.

V.C. : Tu as des races différentes apparemment  ?
A.G. : “Oui, 3 races rustiques: le Cul Noir, le Gascon et le Duroch. C’est plus long à élever (18 à 24 mois) mais de bien meilleure qualité.”

V.C. : Après, il faut arriver à bien les valoriser…
A.G. : “Oui, mes cochons serons certifiés en bio à partir d’Octobre (6 mois de conversion) et je vais tout transformer au laboratoire du lycée agricole de Coulounieix. Je compte fournir 30 porcs transformés par an et 30 porcelets à engraisser. Viande et légumes seront vendus en direct à la clientèle de Didier : particuliers et collectivités qui attendent mes cochons avec impatience !”

Anthony a des exigences : faire sa semence avec des variétés de population, élever des races anciennes et rustiques, atteindre l’autonomie pour son élevage, valoriser et vendre en direct ses productions pour vivre de sa petite ferme en polyculture élevage.

Mais Anthony a encore des idées plein la tête, il veut ouvrir sa ferme aux enfants en rejoignant le réseau des fermes pédagogiques, démarrer un atelier de poules pondeuses, de volailles et développer l’atelier légumes… . Mais cette fois, il ne sera pas tout seul car son amie le rejoint sur la ferme ce mois-ci. Elle est pas belle la vie ? !

Et si c’était ça l’Agriculture Paysanne ? !

Propos recueillis par Véronique Cluzaud

Caractéristiques de l’exploitation

  • SAU : 11 ha
  • Nature des sols : fertilité moyenne- argilo-acide
  • Activité bien adaptée au terroir et à la nature des sols.
  • Productions : Porcs, légumes, volailles en projet (poules, poulets, canards).
  • Commercialisation : La transformation d’une partie de la production permet de mieux la valoriser. Toute la production est vendue au niveau local, que ce soit à la ferme, sur les marchés ou dans le cadre de démarches collectives (Association de paniers, collectivités etc…).

Focus sur la banque de travail :

Didier et Anthony ont mis en place une banque de travail, cela leur permet de pratiquer l’entraide sous une forme claire. Elle est facile à gérer lorsque le nombre d’agriculteurs est faible.
Dans une banque de travail, on échange des services entre agriculteurs (main d’oeuvre et /ou matériel) qui sont comptabilisés. Il existe des barèmes d’entraide qui permettent de connaître les équivalences entre les différents services. Le coût d’utilisation du matériel pour l’entraide ne doit pas dépasser le coût réel. Le système exclut  donc la possibilité de faire un bénéfice. Chacun des agriculteurs reste propriétaire de son matériel et en assume l’entretien. Dans le cas d’Anthony, cela lui permet de ne pas avoir à acheter tout le matériel nécessaire d’un coup. Il dispose de celui de Didier et le lui rend en travail. Cela leur permet également de s’entraider et de se remplacer ponctuellement.

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